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C’est la lecture d’un commentaire sur l’un de nos posts Facebook à propos des Rencontres pro des Industries Culturelles et Créatives qui nous a invités à écrire ce billet. L’auteur s’indignait qu’on ne travaille pas à remplir les salles de cinéma au lieu de prôner le numérique (qui viserait à les remplacer).
Nous estimons qu’il y a comme un malentendu et partant de ça, un rendez-vous manqué entre les porteurs de solutions digitales ou innovantes et la filière des Industries Culturelles et Créatives. De quel ordre est ce malentendu de notre point de vue ?
Pour éviter de jeter le bébé avec l’eau du bain, ou tirer le rideau définitivement sur le numérique, citons deux exemples qui ne manqueront pas d’illustrer les possibilités pour les salles, les lieux de culture et les acteurs de la filière qu’offre en réalité le numérique quand il est entre les mains d’entrepreneurs français qui œuvrent justement pour la soutenir.
Tënk, la plateforme dédiée aux films documentaires, créée en 2016 par l’équipe à Lussas qui organise entre autres depuis 1989, les États Généraux du film documentaire, permet de mettre à la disposition de tous les spectateurs des films de qualité qui n’auraient aucune chance d’être visibles assez longtemps dans les salles de cinéma. Il faut saisir les problématiques de l’exploitation d’un film pour comprendre le goulet d’étranglement que constituent le nombre de films tout genres confondus qui sortent chaque semaine et le nombre de salles capables de les accueillir, le mercredi soir étant vu comme un couperet pour bon nombre d’entre eux. Sans parler, du reste, des stratégies quelque peu coercitives des sociétés de distribution. Au bout de 5 ans d’activité, Tënk a-t-elle tué les cinémas qui diffusent du documentaire ?
Non seulement Tënk n’a pas empêché les salles d’être remplies pour les documentaires – il suffit d’aller en salle pour le constater – mais la Société Coopérative d’Intérêt Collectif s’investit dans le soutien à la création, a développé des partenariats avec des médias pour élargir l’accès donné aux documentaires diffusés (Médiapart, Arrêt sur Images, France Inter, France Culture) et avec des institutions (SCAM, Sacem, Cinémathèque du documentaire, CNAP, CNRS). En février 2020, une équipe basée à Montréal a lancé une version disponible partout au Canada. Et en mars 2020, Tënk Europe est lancée pour tous les pays d’Europe en langue anglaise.
Sans les possibilités du numérique, Tënk n’aurait pas pu tout bonnement exister et diffuser les films au-delà des seuls périmètres d’intéressés en France et dans les salles de cinéma qui peuvent les accueillir. Ça s’appelle démocratiser la culture. Et dans le cas de Tënk, la différence avec d’autres entreprises du secteur (la diffusion de films en ligne, non, nous ne citerons personne), c’est son objectif et son éthique en définitive : soutenir la création et sa diffusion.
Citons un deuxième exemple, celui de Châteauvallon-Liberté à Toulon. Comment se sert-il du numérique pour augmenter son offre ? Il a créé Connexions, une démarche toute à fait accessible aux petites salles de spectacles. 7ème Scène de Connexions est un programme de diffusion accessible 24h sur 24, 7 jours sur 7, proposant des contenus qui donnent la parole aux artistes, permet de découvrir les coulisses d’un spectacle sous la forme de vidéos ou de podcasts. Il contient également le blog Actions ! très régulièrement mis à jour. Ces contenus de qualité augmentent l’intérêt des spectateurs et leur donnent accès à une culture du spectacle vivant que nous appelons « augmentée ». Les coûts de production pour une vidéo de 3 à 4 minutes ont énormément baissé et l’une des solutions est d’inviter les petites salles de spectacles à mutualiser les moyens et les formations du personnel. Est-ce que cette offre digitale de Chateauvallon-Liberté a diminué le nombre de spectateurs en salle ? Parions le contraire !
Ce billet ne serait pas complet sans parler de startups ou solutions qui visent à augmenter l’offre ou soutenir la filière. C’est le cas de Doors qui propose via une application de s’abonner à la lecture de séries littéraires. Elle remet au goût du jour la série littéraire telle que l’ont connue nos arrières grands parents dans les journaux. Sa proposition a-t-elle un impact négatif sur l’économie du livre ? Quand on est un lecteur assidu de longue date, nous savons que la lecture est une question d’exercice : plus on lit, mieux on lit. Nous pouvons parier sur le fait qu’une personne abonnée à Doors va aller vers la librairie ou la bibliothèque de son quartier pour lire ensuite des livres.
Pour rester dans le métier du livre, citons également Prodeej dont l’ambition est de mettre en relation via sa plateforme en ligne les lecteurs, les éditeurs et les auteurs autour d’univers. Qui n’a pas rêvé de discuter de ses lectures avec des inconnus, de faire un retour direct à un éditeur, à un auteur, d’en savoir un peu plus sur l’écriture de tel ou tel livre ou d’augmenter son espace en ligne (univers dans le vocabulaire de Prodeej) de références connexes ? Est-ce que la filière, à cause de cette plateforme, verrait les librairies se vider de leurs clients ?
L’annonce du 4ème programme d’investissement d’avenir (PIA 4) et son financement à hauteur de 20 milliards d’euros sur 5 ans (2021 – 2025) pourrait faire craindre à terme la fermeture de petits lieux dont l’économie a été fragilisée par ces deux dernières années (salles de spectacles, musées, cinémas, festivals). Des lieux, souvent situés dans des territoires ruraux moins bien dotés que les métropoles, et souvent dirigés par des bénévoles dévoués qui sont majeurs pour ses habitants et le maintien d’une diffusion de la culture.
Le PIA4 s’adresse à eux aussi et cette rencontre est dédiée prioritairement aux plus petites structures !
En prenant comme référence le cadre pour les statistiques culturelles de l’UNESCO (2009), nous proposons une définition des industries culturelles et créatives entendues comme les secteurs d’activité ayant comme objet principal la création, le développement, la production, la reproduction, la promotion, la diffusion ou la commercialisation de biens, de services et activités qui ont un contenu culturel, artistique et/ou patrimonial.
Ainsi, les principales caractéristiques des industries culturelles et créatives sont :
Les domaines culturels couverts par le cadre sont :
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